J'en avais parlé il y a quelques temps déjà mais j'ai trouvé que cet article est un des rares qui retranscrit un peu le talent de François Pecheux... Donc je vous laisse découvrir par écrit, pour le voir à l'oeuvre, jeter un oeil sur W9 dans le magazine "En quête d'action"... Même si c'est pas forcément là qu'il a le temps de prouver son savoir faire.
Ce style, il l'a forgé à Canal +. L'homme est stagiaire au service des sports de TF1 quand Charles Biétry lui propose de rejoindre celui de Canal +, « un service où tout était à construire », se souvient François Pécheux. Il va enchaîner les performances : une émission quotidienne pendant les jeux Olympiques de Barcelone, un direct quotidien pendant ceux d'Atlanta puis, pendant la Coupe du monde de football en 1998, un journal télévisé quotidien de 40 minutes. « Une immersion totale pendant 44 jours et autant de nuits, c'était presque inhumain », raconte François Pécheux, qui vit l'aventure avec sa bande, Stéphane Meunier, le réalisateur des Yeux dans les Bleus, et Jérôme Caza, un ex de Capa rencontré sur le Raid Gauloises. Ensemble, ils créent une société de production, 2P2L (Pourquoi pas la lune). Alain de Greef, le directeur des programmes de Canal +, leur lance un nouveau défi : « Une heure le samedi midi, avec une seule consigne : s'éclater. Autant dire un tapis rouge. »
Un adepte de la manière tendre
C'est ouvert le samedi, ovni télévisuel, révèle la méthode 2P2L : le respect, la sensibilité et une manière tendre de filmer les gens. « Je veux que ce qu'ils voient à l'antenne leur ressemble », explique François Pécheux. En juin 2001, Alexandre Drubigny, le directeur des programmes de Canal+, arrête pourtant l'émission. « Ils se sont très mal comportés », déplore François Pécheux, ébranlé par cette rupture. « Pendant treize ans, Canal + a été ma maison, j'adorais aller bosser pour des gens que j'aimais. Ce n'était plus le cas, mieux valait partir. »
Depuis deux ans, François Pécheux se consacre à 2P2L. Pour L'Écho des coulisses sur Paris Première, il s'immisce dans l'intimité des artistes. Discret, omniprésent, envahissant, tenace. « Les gens ont le droit de me jeter, mais je le montre au spectateur », explique celui qui ne se sépare jamais de sa minicaméra DV. Avant d'avouer, en grand timide, qu'il « ne ferait jamais dans la vie ce qu'il ose à l'antenne ». Jacques Expert, le directeur des programmes de Paris Première, se souvient de François Pécheux, alors étudiant, aux jeux Olympiques de Séoul en 1988. Sur la piste, la femme de François, Florence, finaliste olympique, aujourd'hui médecin et mère de ses deux petites filles. « Ce type se faufilait partout, franchissait des barrières de sécurité. Il est très caméléon, n'a pas son pareil pour se fondre dans le décor. »
Quinze idées à la minute
Lui qui dit avoir « peu d'estime pour les gens de télé » considère que « faire de l'antenne, c'est une chance ». Jérôme Caza, le gérant de 2P2L, renchérit : « Nous sommes contre la télé bête, méchante et gratuite de la télé-réalité. Ce que nous faisons est une sorte de télé bio. » Des valeurs que partagent les quarante-cinq permanents de 2P2L. Florent Peiffer, journaliste à Mon Kanar, JT pour les enfants que présente François Pécheux sur France3, confirme : « François a quinze idées à la minute. Il est à l'écoute de ses équipes. Mais il a une priorité : privilégier l'instant d'émotion, réussir à capter l'instant où les regards se croisent. Il lui faut du sentiment dans les sujets et du vrai de vrai. »
Cette exigence a un revers que souligne Hervé Mathoux, présentateur de L'Équipe du Dimanche sur Canal +, son copain depuis l'école de journalisme : « Il sait ce qu'il veut, et peut paraître sûr de lui, voire arrogant. Il veut qu'on l'aime, qu'on le suive tel qu'il est. » Jérôme Caza confirme : « Il est très entier, n'aime guère les compromis, s'énerve rarement mais déteste les conflits. C'est un affectif, un doux rêveur. Face à la réalité, il a parfois du mal à encaisser. » Une chose est sûre : « Il revendique sa différence. C'est une vraie qualité dans ce métier où tout le monde singe tout le monde. Mais pour qu'il soit bon à l'antenne, il faut lui laisser sa liberté de ton. »
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